je ne sais pas quand, je ne sais pas où, mais encore une fois, je crois que j'ai été pris au dépourvu.
Étrange impression, quel avenir pour nous? Égarés, dans un état pseudo-dépressif. Il n'y a pas vraiment de voie à suivre.
Nous sommes instables, et passons du rire au larmes en quelques secondes, celles-ci bien vite égrainées pas la grande horloge de notre vie. Et des larmes, nous devenons muets ; murés dans notre énervement. Il n'y a plus d'espoir je crois, nous devrons seulement tenter d'avancer avec notre solitude qui s'agrippe de toutes ses forces ; tel un boulet à notre cheville. Nous sommes prisonniers, et dans notre tête, c'est un duel acharné, sans cesse, nous discutons avec notre âme et il est pour nous obligatoire de tenter de garder notre lucidité. Car c'est un fil, que nous, tels des funambules essayons de traverser sans sombrer dans la folie.
La nuit est notre royaume et c'est là, dans l'obscurité, quand nous lâchons la bride à notre inconscient ; que l'on découvre un semblant d'espoir. En courant entre les lampadaires, en embrassant des lèvres qui dès le lendemain matin ne se rappelleront de rien. Nous ne sommes même plus à la recherche du bonheur, mais juste d'un semblant de vie, d'une étincelle dans le noir vers laquelle nous pourrions nous diriger.
Ceci est une assemblée dans laquelle on se reconnait assez facilement. Entre nous, le voile se lève très vite, comme si rien qu'à se voir, on savait, en une fraction de seconde, au moment ou nos yeux croisent ceux d'un autre égaré, on comprend la douleur qui fait briller ces yeux. Et le plus étrange c'est que, alors que entre écorchés de la vie, on sait très bien que les autres, surtout quand ils nous ressemblent, pourrait être des soutiens, on les évites, on les fuis ; comme si le fait de donner une réalité à la présence d'êtres fait de la même matière altérable que nous, ce serait donner une sorte d'autorisation à son propre mal-être d'exister, puisque, en rencontrer d'autres, c'est accepter l'existence de sa propre déviance.
L'amour est pour nous une sorte de besoin, mais en même temps, le bonheur qu'il provoque nous mine lentement et lorsque l'on croit avoir découvert ; au près de quelqu'un qui semble nous comprendre qui parvient à saisir ce qui nous arrive, et surtout à voir le malaise qui nous ronge jour après jour ; la stabilité qui nous fait tant défaut. C'est le moment, le plus difficile à vivre, on pense avoir tout pour avancer, notre avenir proche semble plutôt serin. Mais le mal qui nous ronge, que l'on à tôt fait d'oublier dans notre bonheur irréel, revient de plus bel et c'est avec cette force toute nouvelle qu'il à justement puisé dans notre c½ur, qu'il attaque et nous dévore de l'intérieur avec une hargne telle, que l'on ne peut plus voir personne et la stabilité si durement acquise s'envole en fumée en quelques jours.